Mythes et légendes :
A travers l’Asie, de nombreux mythes et légendes gravitent autour du thé.
Du côté des légendes hindous, la découverte du thé est liée au fils du roi des Indes, Kosjuwo, qui aurait découvert le théier au VIe siècle après J.-C.
Ce moine bouddhiste nommé Bodhidharma se rendait alors en Chine afin de transmettre les enseignements du bouddhisme. Lors de son périple, il fonda l’école Chàn et marqua profondément la spiritualité asiatique par son influence. Il apprit également à de nombreux moines des techniques de méditation, de respiration et de combat.
La légende raconte qu’il resta de nombreuses années en méditation, après avoir fait le vœu de ne pas dormir afin de ne pas manquer un seul instant à sa mission spirituelle. Cependant, au bout d’un certain temps, il finit par tomber dans les bras de Morphée et se réveilla épris de colère pour avoir failli à sa mission. Il décida donc de s’arracher les paupières et les jeta violemment par terre dans l’espoir de ne plus jamais pouvoir fermer l’œil. C’est alors que de ce lambeau de chair naquît un arbuste doté d’une force redoutable : celle de donner force et concentration à celui ou celle qui en consommerait. C’est ainsi que le théier aurait fait son apparition et aurait permis au moine de terminer sa mission sans jamais plus tomber de sommeil.
Les premières traces de thé ont été trouvées dans le fond d’un bol datant de 400 av JC.
Le thé au fil du temps :
De nombreux textes à travers l’Antiquité évoquent ses vertus médicinales. Sous la dynastie Tang (618-907), le thé devient une boisson à la mode. Le commerce se développe largement et la Chine intensifie sa production.
A partir du XVème siècle, la Route de la Soie est ponctuellement abandonnée à cause de troubles politiques poussant les Européens à ouvrir des nouvelles routes maritimes pour relier les colonies asiatiques à l’Europe.
Le Portugal est le premier à importer du thé depuis son comptoir de Macao en Chine. Cependant, il perd rapidement son monopole au profit des autres puissances coloniales qui planifient le développement de la production dans leurs territoires colonisés, comme l’Inde et le Sri Lanka, alors sous domination britannique au XIXème siècle. En même temps, les sociétés européennes de transport international privées fleurissent (par exemple, les Compagnies des Indes orientales) et s’enrichissent considérablement en acheminant des marchandises vers l’Europe.
Le commerce maritime du thé est né.
La consommation de l’Or Vert est rapidement diffusée et popularisée en Europe. Son commerce contribue largement à l’enrichissement et à l’assise de la domination des différents empires coloniaux en Asie du sud-est.
Dans les années 1950, l’Inde et le Sri Lanka conquièrent leur indépendance. Aussi, les marchandises produites dans ces pays coûteront désormais plus cher pour l’Empire britannique dont le pouvoir est diminué dans ces territoires. L’Empire britannique décide alors de planifier la culture du thé en Afrique, notamment au Kenya afin de tenter de garder le contrôle sur cette matière première.
A ce jour, le Kenya est le 3ème pays producteur mondial de thé et le plus gros exportateur : le Kenya ne consomme qu’environ 7% du thé qu’il produit (Tea Bord of Kenya, 2021).
Le commerce du thé a traversé les siècles, façonné par des rapports de force économiques et politiques. Au moment des indépendances, les terres autrefois expropriées pour la culture du thé furent restituées aux Etats ou à la paysannerie. Bien que certains pays producteurs de thé n’ont jamais été colonisés (Japon, Chine…), le marché mondial dominant reste fortement marqué par des mécanismes hérités du colonialisme tels que :
Le système colonial a encore aujourd’hui un impact lourd sur la filière du thé, notamment dans les plantations, où les violations des droits humains sont encore fréquentes.
Au fil de l’exposition, nous découvrirons comment le commerce équitable vise à rééquilibrer ces rapports de force, économiques hérités de la période coloniale en instaurant des relations commerciales plus justes et durables entre les organisations productrices et organisations acheteuses.

